La musique des Comores

Les comoriens aiment beaucoup la musique.

La musique traditionnelle jouée par les femmes est le tari. Ce sont des chants très aigus accompagné de tambourins. Personnellement je n’aime pas trop ce style de musique. Voilà un exemple de musique de tari.

 

La musique traditionnelle des hommes est le mgodro. Il se rapproche de la musique de Madagascar, avec des rythmes rapides, des boites à rythmes et des chants répétitifs (les morceaux font parfois 20 à 30 minutes). Baco Ali est un artiste de Mayotte que j’ai vu deux fois en concert à Anjouan. Ses chants sont bien représentatifs de la culture comorienne. Il faut savoir qu’à Anjouan on entend presque tous les soirs des lointaines mélodies de ce type, car il y a souvent des fêtes dans les quartiers, notamment pour célébrer les mariages. Un exemple de chanson de Baco Ali ici.

 

M’toro Chamou est un artiste d’origine anjouanaise qui joue du mgodro à Mayotte. Il fait du mgodro mélodieux, avec une guitare et des vraies paroles. Je vous conseille le morceau Jeje lewo qu’il joue avec son groupe Tsenga2.

maaleshMon style préféré est le mgodro folk, plus lent, avec des belles mélodies de guitare. Maalesh est l’artiste comorien spécialiste du mgodro folk. Il a gagné de nombreuses récompenses dans les pays de la francophonie et il a fait plusieurs tournées internationales. J’aime beaucoup de ses morceaux, difficile de faire une recommandation. Allez donc écouter Uzadé et Merci.

Enfin, les comoriens sont des amateurs de reggae. Le groupe Djama est connu pour ses chansons Bob Dénard et Mister Brown. Les artistes, originaires de Mutsamudu, sont aujourd’hui séparés. Et c’est à côté de chez moi, à Nantes, que les chanteurs Hass Mosa, et Halid continuent leurs carrières solo. Il faudra que j’aille voir un de leurs concerts quand je serai de retour.

Le mois des grands mariages comoriens

Aux Comores, pour entrer dans la haute-société et devenir notable, il faut avoir fait un « grand mariage ». C’est-à-dire un mariage qui dure une semaine, avec beaucoup d’invités. Les comoriens utilisent le mariage pour épater leurs invités, et souvent ils s’endettent sur plusieurs années pour pouvoir organiser leur mariage. La tradition veut que les grands mariages soient organisés en juillet et août. Cette année le ramadan avait lieu en juillet, donc les grands mariages étaient regroupés sur le mois d’août.

Comment se déroule le grand mariage ?

Je n’ai pas tout compris, mais il y a plusieurs cérémonies. Pour chaque célébration, les hommes et les femmes sont séparés. J’en oublie probablement, mais j’ai retenu qu’il y a :

  • L’annonce du mariage
  • La remise des cadeaux de toilette à la femme : habits et produits de beauté (événement pour les femmes)
  • La remise de l’or à la femme (événement pour les femmes)
  • Le barzangué (événement pour les hommes)
  • Le tari (événement pour les femmes)

J’ai pu assister à une cérémonie de remise d’or. Je faisais partie des invités du marié, donc j’ai d’abord rejoint les femmes de la famille du marié dans la maison de famille. Ensuite, vers 17h, le cortège est parti jusqu’à la maison de la mariée. Il y avait de l’or dans une voiture : des bijoux et des lingots (je n’ai pas vu les lingots mais on m’a dit qu’il y en avait).

Les cadeaux de la mariée

Les cadeaux de la mariée

Devant la maison de la mariée, il y avait une sono qui passait de la musique et une centaine de femmes qui dansaient. Certaines brandissaient les parures de bijoux qui allaient être offertes à la mariée. J’ai demandé où était la mariée, on m’a dit qu’elle était dans la chambre et qu’on irait la voir plus tard.

 

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Les femmes qui dansent devant la maison de la mariée

On a dansé un moment et puis on est allées dans la maison. Tous les cadeaux reçus la veille étaient exposés : des paniers de produits de beauté, de savons, de déodorants, des serviettes, des tissus, des ustensiles de cuisine… Ils ont dû aligner 3 ou 4 tables au salon pour exposer tous les cadeaux. C’était impressionnant. Ensuite on a fait la queue pour entrer dans la chambre. A l’intérieur il faisait chaud, il y avait des vapeurs d’huiles essentielles (pour faire transpirer la mariée pour qu’elle soit plus blanche), un projecteur, un photographe, plein de monde, et la mariée assise sur le lit, dans une tenue de gala (elle portait même des chaussures à talons). Je me suis installée sur le lit pour avoir ma photo avec la mariée, et on est sortis. On a encore dansé un peu et on est parties. La fête était finie pour ce soir.

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La mariée a passé la journée à faire des photos assise sur ce lit king-size

 

Le tari est l’évènement le plus important du grand mariage. Il est organisé par la famille du marié, afin d’accueillir la mariée dans la famille. A Mutsamudu, les taris se déroulent au JAF, la salle omnisports à côté du gymnase. J’avais rendez-vous vers 18h dans la famille du marié, puis on est parties vers 20h30-21h au JAF. Dans rangées de chaises étaient disposées dans la salle, formant des cercles dont le centre était le groupe de musiciennes au milieu de la salle. En tant qu’invitée étrangère, on m’a donné une place au premier rang. J’ai eu de la chance car une femme comorienne qui n’a pas fait de grand mariage n’a pas le droit de participer à un tari. J’ai compté qu’il y avait environ 300 femmes dans la pièce. Au fond de la salle il y avait une scène sur laquelle était posé un grand canapé, décoré façon Bollywood avec des lumières et des inscriptions en lettres d’or : Djamal et Housnati.

Les musiciennes ont commencé à chanter, et les femmes se sont levées et ont dansé. La danse du tari n’est pas vraiment une danse, plutôt un basculement de droit à gauche en frappant des mains. Et ensuite une rangée de femme s’est levée et elles ont fait le tour de la salle, en tenant chacune un billet dans la main. Chacune danse avec son billet pour montrer combien elle donne. J’ai remarqué qu’en général les premières personnes de la file avaient des gros billets (5000F) et les dernières ont un peu moins (2000 ou 1000F). A la fin du tour elles ont déposé le billet dans une urne à côté des musiciennes. Cette danse du billet est le principe du tari : les gens tournent autour de la salle, les musiciennes chantent le bonheur des futurs mariés et remercient les invitées (oui, elles ont chanté le nom de toutes les femmes présentes dans la pièce). Donc on a fait des tours de salle en agitant nos billets.

La fameuse danse-du-billet

La fameuse danse-du-billet

 

On nous a donné un collier de fleurs, un samoussa et un verre d’eau. A un moment le marié est entré, il s’est assis sur le canapé Bollywood sur la scène, et il a regardé les femmes qui dansent avec leurs billets. Vers la fin, c’est la mariée qui est entrée. A ce moment les musiciennes arrêtent de chanter et on passe la chanson officielle du mariage (avec des rythmes indiens et des paroles en comorien qui chantent le bonheur de Djamal et Housnati). La mariée a traversé la salle pour rejoindre son mari sur le canapé sur la scène, suivie par les femmes de sa famille qui agitaient des billets. Et tout le monde a refait un tour de « danse du billet ». Cette fois nous sommes passées sur la scène, devant les mariés et nous avons déposé notre billet dans une urne qui était à côté d’eux.

Les mariés lors de leur tour de salle

Les mariés lors de leur tour de salle

Ensuite le marié est parti. La mariée est restée pour danser un peu avec les femmes et faire des photos. Et puis chaque invitée est repartie avec un sachet qui contient des biscuits et une boisson en cannette. Il était 23h30, donc c’était bienvenu !

La mariée à mes côtés. Notez la couleur de ma tenue. C'est pas moi qui l'ai choisie!!

La mariée à mes côtés. Notez la couleur de ma tenue. C’est pas moi qui l’ai choisie!!

Le mois des pique-niques

Traditionnellement, le mois qui précède le mois de ramadan est considéré comme le mois des pique-niques. Cette année c’était le mois de juin.

On a organisé un pique-nique avec le travail, c’était une bonne journée qui a bien soudé l’équipe. On est partis à la plage, on a grillé des poulets au barbecue, on a cuit du manioc, du taro et des bananes, c’était bien bon. On a joué au foot, au volley et aux cartes. Et on a dit au revoir à Marie-Pierre qui terminait sa mission.

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J’ai fait un autre pique-nique un dimanche avec des copains. C’était l’avant-dernier week-end avant le ramadan donc il y avait du monde sur toutes les plages. On a trouvé un coin sympa à Bimbini sur une plage accessible en bateau. On a prévu trois fois trop de nourriture mais c’était super !

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Et le samedi de la veille du ramadan, on est allés sur notre plage préférée (Sombé) où je n’avais jamais vu autant de monde ! Il y avait une sono et des gens qui dansaient, plein de gens qui se baignent, des enfants qui jouent au foot, des barbecues de partout, et des pirogues qui débarquaient les unes après les autres. L’ambiance était géniale.

Mutsamudu

J’habite et je travaille à Mutsamudu.

C’est la capitale et principale ville de l’île d’Anjouan. Elle est située sur la côte Nord de l’île. C’est une ville relativement petite (bien plus petite que Nantes ou Porto-Novo). Du coup, il y a des avantages (on se déplace facilement à pieds) et des inconvénients (on fait vite le tour).mutsa2

Les activités sont condensées au centre-ville, dans la partie basse de Mutsamudu : le marché, la médina, le port, les restaurants, les boutiques, les banques. Une route en zigzags a été construite sur la montagne, et en montant on arrive dans des quartiers résidentiels. L’ONG Dahari où je travaille est à Hombo, le quartier en haut des zigzags. Pour l’instant j’habite dans ce quartier aussi.

C’est très agréable de voyager entre Hombo et la ville basse parce qu’on a une vue plongeante sur tout Mutsamudu et sur la mer. C’est une des choses que j’adore à Anjouan : peu importe où on est, on peut (presque) toujours voir la mer.


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Les Comores

situation_comoresLes Comores c’est un archipel de 4 îles situées entre Madagascar et le continent Africain.
Une des îles est française, il s’agit de Mayotte.
Les trois autres îles forment un état indépendant, l’Union des Comores.

Je vais travailler sur l’île d’Anjouan, plus précisément à Mutsamudu qui est la plus grande ville de l’île.

La valise est prête, je décolle demain (mardi 22 avril). Plus d’infos dans les semaines à venir !