Ramadan aux Comores

Le ramadan a commencé le dimanche 29 juin. Depuis cette date toute l’île a changé de rythme de vie.  Ici 99% des gens sont musulmans, donc le ramadan est pratiqué partout.

Les comoriens nous encouragent à faire comme eux, donc j’ai voulu tenter l’expérience du jeûne pendant 30 jours. Ici c’est plus facile qu’en France, le soleil se couche à 18h. Le premier jour j’ai voulu me réveiller à 4 heures avant la prière de l’aube pour bien remplir mon ventre. Et évidemment, j’ai pas entendu mon réveil ! J’ai ouvert les yeux à 5 heures et j’entendais le muezzin qui appelle à la prière : trop tard pour manger ! Donc j’ai passé la journée du dimanche affamée et assoiffée.  A 18 heures j’étais invitée à manger dans la famille d’un ami pour la rupture du jeûne. Au moment où on m’a apporté un verre d’eau j’étais tellement heureuse ! Ensuite on s’est mis à table et les plats sont apparus les uns après les autres : manioc, bananes, taro, fruit à pain, patates douces, salade, galettes au coco, bouillie de riz, poulets grillés, omelette… C’est tellement bon qu’on veut tout goûter. Après le repas j’avais tellement mangé que j’ai senti une vague de fatigue m’envahir. Finalement les soirs où je mange beaucoup j’ai pris l’habitude de faire une sieste jusqu’à 21h.

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Je me suis bien habituée à mon rythme de ramadan. Nos horaires de travail ont changé : on fait une journée sans pause, de 8h30 à 15h30. Ensuite on a le temps de se reposer un peu et de préparer à manger. A 18h, c’est le foutari (repas de rupture de jeûne). Ensuite j’ai pris l’habitude de faire du sport. Et avant de dormir on remange un peu pour le tsahou (repas de la nuit).

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Bilan du mois : j’ai pas du tout tenu le jeûne ! J’ai chopé de la fièvre le 6e jour de ramadan donc le docteur m’a donné des médicaments et m’a dit d’arrêter le jeûne une semaine. Après la pause médicaments j’ai repris le jeûne, mais j’ai tenu à peine 4 jours et je suis re-tombée malade. Cette fois j’ai décidé d’arrêter complètement de jeûner. Si j’étais musulmane j’aurais dû rattraper mes jours après la fin du ramadan pour arriver à 30 jours de jeûne. Bien évidemment, je n’ai pas rattrapé mes jours !

 

Le mois des pique-niques

Traditionnellement, le mois qui précède le mois de ramadan est considéré comme le mois des pique-niques. Cette année c’était le mois de juin.

On a organisé un pique-nique avec le travail, c’était une bonne journée qui a bien soudé l’équipe. On est partis à la plage, on a grillé des poulets au barbecue, on a cuit du manioc, du taro et des bananes, c’était bien bon. On a joué au foot, au volley et aux cartes. Et on a dit au revoir à Marie-Pierre qui terminait sa mission.

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J’ai fait un autre pique-nique un dimanche avec des copains. C’était l’avant-dernier week-end avant le ramadan donc il y avait du monde sur toutes les plages. On a trouvé un coin sympa à Bimbini sur une plage accessible en bateau. On a prévu trois fois trop de nourriture mais c’était super !

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Et le samedi de la veille du ramadan, on est allés sur notre plage préférée (Sombé) où je n’avais jamais vu autant de monde ! Il y avait une sono et des gens qui dansaient, plein de gens qui se baignent, des enfants qui jouent au foot, des barbecues de partout, et des pirogues qui débarquaient les unes après les autres. L’ambiance était géniale.

Tour de l’île en une journée !

Anjouan est vraiment une petite île, on peut en faire le tour en une journée. C’est ce qu’on a décidé de faire un dimanche. L’équipe de l’hôtel Johanna Livingstone nous a proposé qu’on parte en groupe jusqu’à la pointe Sud de l’île. Objectif : faire une promenade en bateau pour voir des dauphins.

On est donc partis à bord de notre minibus. Nous avons fait un premier arrêt à Bambao, pour voir l’ancien palais du sultan Mawana. C’est une grande maison perchée sur une colline, qui malheureusement n’est pas très bien conservée. Mais le contraste entre les portes en bois recouvertes de sculptures, les carrelages d’époque et les tags qui recouvrent les murs donne une atmosphère particulière, et la visite est vraiment sympa.

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Deuxième arrêt : Domoni. Ici on s’est arrêtés pour voir la mosquée et le mausolée d’Ahmed Abdallah.

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Ensuite, après quelques heures de route, nous sommes arrivés à Chiroroni, le village e plus au Sud d’Anjouan. Quelques minutes de marche plus tard, on arrivait à la plage. On a pique-niqué à l’abri des cocotiers. Et ensuite on a fait un grand tour de bateau, à la recherche des dauphins. On en a vu 5 ou 6, mais ils ne voulaient pas trop s’approcher donc on n’a pas nagé avec eux. C’était quand même cool, surtout qu’on a vu quelques poissons volants et que c’est vraiment trop drôle comme animal.

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Au retour on s’est arrêtés dans le village de Mrijou pour découvrir les épices qu’on cultive aux Comores : girofle, ylang, curcuma, cardamone, muscade, piment, poivre vert…

On est rentrés à Mutsamudu à la tombée de la nuit et on était bien fatigués.

Canyoning aux Comores

L’île d’Anjouan est très escarpée. Au centre de l’île il y a un grand lac, le lac Dzialandzé, où une bonne vingtaine de rivières prennent leur source. Mon collègue Sven est un adepte du canyoning, il a donc testé et approuvé les rivières anjouanaises.canyoning1Capture-canyoningIl y a quelques semaines, Sven nous a proposé de faire une sortie canyoning. Nous sommes partis à 7 : mes 2 collègues expats Hugh et Sven, deux autres expatriés (un

sosie de John Cena et un sosie de Captain Sports Extremes, rien que ça !), deux comoriens, et moi. J’étais la seule fille, et la première qu’ils invitent à leurs sorties canyoning. Cool mais flippant ^^Capture-canyoning2canyoning2

On a roulé une heure, et puis on est descendus jusqu’à l’eau. Le début de la rivière était facile, avec des courants faibles et des petits toboggans. Au fur et à mesure qu’on avançait, les toboggans et les sauts devenaient plus hauts, et le courant plus fort. La corde nous a été bien utile et j’ai eu des bons moments de flip ! On a arpenté la rivière pendant presque 4h. On a même terminé dans une grotte avec des chauves-souris ! C’était génial !

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La plage du dimanche

Le week-end, la plupart du temps, c’est l’occasion d’aller à la plage. A Mutsamudu le bord de mer est jonché de déchets… Forcément, c’est plus sympa d’aller un peu à l’extérieur de la ville.

Notre plage préférée c’est Sambé, située à environ 30-45 minutes de Mutsamudu en direction de l’Ouest. En général on part avec le pick-up de l’ONG, donc on a une douzaine de places. On part le dimanche vers midi pour arriver là-bas à l’heure du casse-croute.

L’accès à la plage est un peu périlleux : on doit prendre un petit chemin de terre super pentu et éviter de se casser la figure. Mais ça vaut le coup, parce qu’on arrive sur une plage de sable blanc avec une eau transparente, des cocotiers et des rochers noirs (basalte ?).

Ensuite c’est baignade, kayak de mer (merci les collegues expatriés), stand-up paddle avec la pagaie du kayak et la vieille planche de windsurf qui traine sur la plage, plongée masque-tuba, foot, et biche-volley jusqu’au coucher du soleil. En plus de ça, on a des amis musiciens, donc en général y’en a toujours un pour nous jouer de la guitare.

Vraiment top !sambe

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J’habite et je travaille à Mutsamudu.

C’est la capitale et principale ville de l’île d’Anjouan. Elle est située sur la côte Nord de l’île. C’est une ville relativement petite (bien plus petite que Nantes ou Porto-Novo). Du coup, il y a des avantages (on se déplace facilement à pieds) et des inconvénients (on fait vite le tour).mutsa2

Les activités sont condensées au centre-ville, dans la partie basse de Mutsamudu : le marché, la médina, le port, les restaurants, les boutiques, les banques. Une route en zigzags a été construite sur la montagne, et en montant on arrive dans des quartiers résidentiels. L’ONG Dahari où je travaille est à Hombo, le quartier en haut des zigzags. Pour l’instant j’habite dans ce quartier aussi.

C’est très agréable de voyager entre Hombo et la ville basse parce qu’on a une vue plongeante sur tout Mutsamudu et sur la mer. C’est une des choses que j’adore à Anjouan : peu importe où on est, on peut (presque) toujours voir la mer.


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L’île de la Selle

Samedi, nous avons décidé d’aller à l’île de la Selle avec des amis. Il y a deux stagiaires de l’université du Mans, une volontaire réunionnaise et un informaticien comorien. Pour éviter de s’entasser dans un taxi-brousse, on a demandé si on pouvait utiliser la voiture de l’ONG. J’étais la seule qui travaille chez Dahari, donc c’est moi qui ai dû conduire ! Étonnamment, ça s’est plutôt bien passé. Conduire un pick-up n’est pas si compliqué, et très pratique dans les routes défoncées. Il n’y a pas un grand trafic sur les routes, surtout en-dehors de la ville. On s’est pris une grosse averse qui nous a un peu fait flipper sur l’intérêt de passer la journée sur une île déserte, mais le soleil est vite revenu.selle-3

J’ai donc roulé jusqu’à Bimbini, où nous avons embarqué à bord d’une barque de pêcheur pour aller jusqu’à l’île de la Selle. La traversée dure une vingtaine de minutes, et on voit des belles plages de sable blanc (sans déchets !) qui sont encore propres car éloignées de la ville.

selle-1L’arrivée à l’île de la Selle se fait sur une plage de sable très jolie. Il y a un lagon autour de l’île donc l’eau est claire et peu profonde. On a marché jusqu’à une crique et on s’est mis à l’eau. Elle était bonne !! Trop cool. On a pris des masques et des tubas et on a regardé les fonds marins. J’ai surtout vu des petits poissons jaunes avec des rayures noires. Les trucs intéressants à voir étaient un peu loin donc on a pas mal dérivé. Quand on a voulu retourner à la plage deux heures plus tard, il y avait du courant ! On a donc décidé de passer par les rochers. C’était pas forcément une bonne idée étant donné qu’on est trois à avoir attrapé des coups de soleils. Et que Nadège a glissé sur les rochers et s’est cogné le genou. Mais on a fini par arriver et on a bien mérité notre pique-nique !

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L’après-midi a été plus cool : on est restés se baigner près de la plage, et on a fait une promenade jusqu’en haut de l’île pour aller voir l’autre versant (et un baobab).

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J’ai enfin eu ma première baignade, et dans un cadre super ! Mes premiers coups de soleil aussi, mais c’était le prix à payer.

La fête du travail à Outsa

Le 30 avril et 1er mai, je suis allée sur le terrain pour avoir une idée concrète des activités mises en place par Dahari.

Je suis donc partie en taxi-brousse. J’ai vu des paysages magnifiques : la route longe la côte tout en grimpant dans la montagne, ce qui donne des vues impressionnantes. Par contre l’état des routes est catastrophique, si bien que nous avons mis 2h30 pour faire une centaine de kilomètres.

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Arrivée au village de Pomoni, j’ai livré des engrais au technicien agricole qui travaille avec nous, et j’ai rejoint mon collègue Badrou. Nous avons fait la route à moto jusqu’au village d’Adda. Pour aller à Adda la route monte sacrément, car le village est à près de 1000 mètres d’altitude. Ce qui est intéressant c’est qu’en montant sur la montagne on a toujours vue sur la mer. Cette île est vraiment toute petite.

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A Adda, j’ai rejoint un autre collègue Faredil qui m’a montré les activités qu’il mène ici : les parcelles de démonstration, le jardin scolaire, etc. A 18h la nuit est tombée. L’électricité ne marchait pas donc il faisait super noir. Et aussi il faisait froid. J’ai mis un pull pour la première fois, ça fait bizarre. Je me suis couchée tôt parce que je devais me lever à 6h le lendemain.

J’ai passé la nuit dans une famille : j’ai partagé le lit de la grande sœur, et la petite sœur dormait dans un lit plus petit à côté. La salle de bain était rustique : une pièce de 2 mètres carré sans lumière avec un bac d’eau en ciment, un trou pour l’eau de la douche, et un trou pour les toilettes. Et des araignées. Je savais pas vraiment où poser mes affaires, mais je me suis dit que j’étais chanceuse d’avoir choisi la salle de bain qui a une porte et un verrou. Celle d’à côté n’en avait pas.

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Mercredi matin, mon collègue Inzou est venu me chercher à 6h30 pour qu’on aille à Outsa. C’est un village sur la montagne voisine accessible uniquement à pieds. Le chemin pour y accéder est tout petit et monte beaucoup. On a marché pendant presque une heure. Arrivés là-bas, on a pu participer à la « journée ouverte » organisée par l’ONG : à l’occasion de la fête du travail, les villageois ont été invités à venir préparer le jardin scolaire. Le concept de jardin scolaire consiste à installer un champ sur un terrain de l’école, qui sera entretenu par les instituteurs et les élèves. Dahari offre les semences, et les bénéfices liés à la vente des produits reviennent à l’école. Le travail s’est plutôt bien déroulé : les femmes ont défriché la terre et les hommes ont commencé à construire une clôture. Les enfants ont aussi aidé à transporter le bois jusqu’à l’école.

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Je suis rentrée à Mutsamudu l’après-midi, en moto avec Inzou. Il a pris la route de l’Est donc j’ai pu voir l’autre côté de l’île. C’est tout aussi joli, avec autant de palmiers et de bananiers. Ce premier tour de l’île m’a donné envie d’aller voir de plus près beaucoup d’endroits. Y’a de quoi faire des week-ends sympa !

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Au boulot !

J’effectue une mission d’un an en tant que chargée de communication de l’ONG Dahari.

Dahari, c’est quoi ça ?

Dahari est une ONG comorienne qui accompagne les communautés locales dans le développement agricole et la gestion des ressources naturelles, au profit de l’homme et de la biodiversité. Dahari signifie Durable en comorien.

Concrètement, Dahari aide les agriculteurs de 9 villages de l’île d’Anjouan. On leur propose des formations à de nouvelles techniques, des variétés améliorées de semences, des fertilisants, des techniques d’irrigation, pour qu’ils puissent augmenter leurs rendements et générer plus de revenus.

Et la biodiversité dans tout ça ?

C’est la seconde étape. En maîtrisant les cultures sur leurs parcelles grâce à Dahari, les agriculteurs ne vont pas créer des nouvelles parcelles dans la forêt. Ainsi, les actions de Dahari aident à limiter la déforestation aux Comores. L’archipel détient le plus haut taux de déforestation, avec 9% de forêt détruite chaque année. En protégeant les forêts, Dahari protège la faune et la flore des Comores. Dahari porte une attention particulière à deux espèces endémiques, qui ne vivent que sur l’île d’Anjouan : une chauve-souris (la roussette de Livingstone) et un hibou (le petit duc d’Anjouan).

Et moi, à quoi je sers ?

Mon rôle est de faire connaitre l’ONG Dahari dans les communautés locales, au niveau national et à l’international. Pour cela, j’utilise des moyens de communications visuels, audiovisuels, numériques et événementiels. L’objectif est d’augmenter la notoriété de Dahari et de faire comprendre les problématiques auxquelles l’ONG s’intéresse. J’ai un an pour réussir cette mission, et former un chargé de communication local qui continuera le travail.

CHALLENGE ACCEPTED !

bureau

Ma maison

Depuis mon arrivée j’habite (temporairement) dans la maison de Marie-Pierre et Sandrine. Ce sont 2 volontaires réunionnaises qui travaillent à l’ONG Dahari (comme moi).
Sandrine est en vacances pour un mois, donc je prends sa chambre pendant ce temps.
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La maison est très grande : 160 m2!! il y a un immense salon-salle a manger, une grande cuisine, 2 salles de bains, 2 pièces de débarras, et 3 chambres ! il y a aussi une terrasse super chouette et un jardin avec plein d’arbres fruitiers.

Niveau localisation, la maison est juste à côté de l’ONG (2 minutes à pieds!) donc c’est très pratique.

Pour l’instant c’est parfait, et j’ai encore un mois pour trouver un appart pour la suite!