Ramadan aux Comores : le mois du sport

La bonne nouvelle du mois de ramadan c’était le sport ! Pendant le reste de l’année les équipes s’entrainent l’après-midi (ici les gens terminent le boulot entre 14 et 15h). Comme je travaille jusqu’à 18h, c’est compliqué de rejoindre une équipe. Mais en période de ramadan, tout est inversé ! Les gens sont crevés dans la journée, donc ils font du sport le soir, quand ils sont autorisés à boire. En plus la société d’électricité réduit les délestages pendant le ramadan, donc les terrains sont éclairés.

J’ai pris l’habitude de passer au gymnase presque tous les soirs. Il y avait toujours des matchs de foot en salle : traditionnellement à Mutsamudu, c’est pendant le ramadan qu’a lieu le tournoi des vétérans (plus de 35 ans). Il y a aussi des tournois de quartier : les matchs se déroulent en extérieur, sur terrain réduit, de 17h à 18h. Les joueurs sont crevés et ne peuvent pas boire, c’est assez marrant de les regarder.

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De mon côté, j’ai d’abord profité de ces nouveaux horaires pour rejoindre une équipe de basket de garçons. Un jour j’ai aperçu des filles qui s’entrainaient, donc j’ai rejoint leur groupe d’entrainement, je me sentais plus à l’aise. Une amie m’a proposé de rejoindre son club de handball donc j’ai commencé les entrainements de hand aussi. Et un jour, alors que je terminais mon entrainement de hand, j’ai trouvé une équipe de foot féminin ! J’ai discuté avec le coach et j’ai rejoint l’équipe. J’ai fait un entrainement et demi et puis on m’a dit de participer à un match le week-end suivant : le match de lever de rideau de la finale du tournoi du ramadan de futsal. Je ne connaissais pas vraiment mes coéquipières et je ne comprenais pas les directives du coach (qui parle en shinzwani), donc je me suis dit que ça allait être drôle. Le jour du match, j’ai un peu flippé en voyant entrer nos adversaires, deux fois plus nombreuses que nous (ça aide quand les changements sont illimités) et bien plus disciplinées que nous à l’échauffement. Il y avait du monde dans les tribunes et même un speaker qui commentait le match en live dans son micro (il parait que c’était retransmis à la radio en même temps). Le coach m’a titularisée au poste d’arrière gauche. J’essayais de me concentrer sur le match mais parfois j’entendais mon nom dans le flot des commentaires, ça fait bizarre. Finalement ns adversaires disciplinées ont eu raison de nous : on a perdu 3-0.

Ramadan aux Comores

Le ramadan a commencé le dimanche 29 juin. Depuis cette date toute l’île a changé de rythme de vie.  Ici 99% des gens sont musulmans, donc le ramadan est pratiqué partout.

Les comoriens nous encouragent à faire comme eux, donc j’ai voulu tenter l’expérience du jeûne pendant 30 jours. Ici c’est plus facile qu’en France, le soleil se couche à 18h. Le premier jour j’ai voulu me réveiller à 4 heures avant la prière de l’aube pour bien remplir mon ventre. Et évidemment, j’ai pas entendu mon réveil ! J’ai ouvert les yeux à 5 heures et j’entendais le muezzin qui appelle à la prière : trop tard pour manger ! Donc j’ai passé la journée du dimanche affamée et assoiffée.  A 18 heures j’étais invitée à manger dans la famille d’un ami pour la rupture du jeûne. Au moment où on m’a apporté un verre d’eau j’étais tellement heureuse ! Ensuite on s’est mis à table et les plats sont apparus les uns après les autres : manioc, bananes, taro, fruit à pain, patates douces, salade, galettes au coco, bouillie de riz, poulets grillés, omelette… C’est tellement bon qu’on veut tout goûter. Après le repas j’avais tellement mangé que j’ai senti une vague de fatigue m’envahir. Finalement les soirs où je mange beaucoup j’ai pris l’habitude de faire une sieste jusqu’à 21h.

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Je me suis bien habituée à mon rythme de ramadan. Nos horaires de travail ont changé : on fait une journée sans pause, de 8h30 à 15h30. Ensuite on a le temps de se reposer un peu et de préparer à manger. A 18h, c’est le foutari (repas de rupture de jeûne). Ensuite j’ai pris l’habitude de faire du sport. Et avant de dormir on remange un peu pour le tsahou (repas de la nuit).

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Bilan du mois : j’ai pas du tout tenu le jeûne ! J’ai chopé de la fièvre le 6e jour de ramadan donc le docteur m’a donné des médicaments et m’a dit d’arrêter le jeûne une semaine. Après la pause médicaments j’ai repris le jeûne, mais j’ai tenu à peine 4 jours et je suis re-tombée malade. Cette fois j’ai décidé d’arrêter complètement de jeûner. Si j’étais musulmane j’aurais dû rattraper mes jours après la fin du ramadan pour arriver à 30 jours de jeûne. Bien évidemment, je n’ai pas rattrapé mes jours !

 

Le mois des pique-niques

Traditionnellement, le mois qui précède le mois de ramadan est considéré comme le mois des pique-niques. Cette année c’était le mois de juin.

On a organisé un pique-nique avec le travail, c’était une bonne journée qui a bien soudé l’équipe. On est partis à la plage, on a grillé des poulets au barbecue, on a cuit du manioc, du taro et des bananes, c’était bien bon. On a joué au foot, au volley et aux cartes. Et on a dit au revoir à Marie-Pierre qui terminait sa mission.

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J’ai fait un autre pique-nique un dimanche avec des copains. C’était l’avant-dernier week-end avant le ramadan donc il y avait du monde sur toutes les plages. On a trouvé un coin sympa à Bimbini sur une plage accessible en bateau. On a prévu trois fois trop de nourriture mais c’était super !

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Et le samedi de la veille du ramadan, on est allés sur notre plage préférée (Sombé) où je n’avais jamais vu autant de monde ! Il y avait une sono et des gens qui dansaient, plein de gens qui se baignent, des enfants qui jouent au foot, des barbecues de partout, et des pirogues qui débarquaient les unes après les autres. L’ambiance était géniale.